Vous êtes ici : Accueil du site > La Bresse > Les traditions > Mars / Avril

La Bresse

GrossirRéduire

Mars / Avril

Le Dimanche des Brandons

( février ou mars, selon les années ).
Les habitants du Sougey et d’autres fermes ne dérogeaient pas à la fête des Brandons, vieille réminiscence païenne. La nuit venue, ils allumaient des flambeaux et allaient au pied des arbres fruitiers les apostropher pour les inviter à donner le plus de fruits possible. Sinon, ils leur promettaient de les couper net ! Cette pratique s’est peu à peu perdue au cours du dix-neuvième siècle, remplacée par de grands brasiers d’épines et de fagots de bois, autour desquels on dansait allègrement en brandissant des tisons enflammés et en poussant des cris de joie. Pour terminer, les jeunes gens partaient en courant dans les vergers en agitant leur brandon rougeoyant.
Après les vêpres, toute personne arrivant à la ferme recevait des noisettes ou des pommes, principalement les jeunes gens qui venaient présenter leur future épouse.
Puis venait le temps du Carême, qui durait quarante jours, plus ou moins rigoureusement observé. On ne devait faire qu’un repas par jour ; primitivement, ce repas devait se dérouler après le coucher du soleil. Au Sougey, comme ailleurs, il fut tôt pris vers trois heures de l’après-midi, puis vers midi : il fallait bien que les estomacs soient repus pour continuer les travaux de la ferme !

Dimanche des Rameaux (avril)


Les habitants du domaine se pressent sur le chemin pour se rendre à l’office. Les parents ont pris soin d’orner de rubans les rameaux destinés à leur usage et d’y suspendre des gâteaux, des fruits, des friandises diverses.
Après la messe, on participait à la procession à laquelle hommes, femmes et enfants prenaient part. Elle faisait le tour du cimetière pour aller à la grands croix, à laquelle le prêtre attachait un rameau ver, sous les chants de cantiques sacrés.
De retour à la maison, les brins de rameaux bénits étaient pendus çà et là, pour protéger la maison et ses habitants. On en mettait également dans les étables et les granges. Dans l’après-midi, les hommes allaient en enterrer dans les champs pour préserver récoltes et fenaisons.

La Semaine Pascale


Le Jeudi saint, il était d’usage de bénir les enfants après la célébration d’un office spécial où ils étaient conduits en grande pompe et en belle toilette. Beaucoup de femmes portaient un panier d’œufs pour les faire bénir et en faire des œufs de Pâques. Elles en laissaient quelques-uns au curé et au sacristain, consciente que cela protégerait leurs poules !
Le vendredi était jour de deuil, de complaintes rappelant la Passion, de jeûne accentué. Il n’était pas rare que des enfants viennent frapper à la porte du Sougey pour faire entendre leurs couplets. Puis, à l’issue des trois derniers jours de la semaine sainte, durant lesquels on célébrait l’office des Ténèbres, les enfants de toutes les fermes couraient à travers le village en faisant un bruit d’enfer !
Le samedi, provision d’eau bénite à l’église, pour tous. Ensuite venait la quête des œufs de Pâques : les plus âgés faisaient la « tournée » de maison en maison pour récolter de quoi faire la fête pour célébrer la fin du carême ; les plus petits partaient à la recherche des œufs durs et bariolés dans les alentours de la ferme. Manière bruyante de refermer une période d’abstinence où les œufs étaient interdits.

Pâques


Pâques est célébré en famille. Après un repas chaleureux, il est bon de faire une petite promenade, surtout si le temps est agréable. On parcourt ainsi le domaine, puis on va du côté du village. La fête se prolonge le lendemain lundi, et parfois aussi le mardi. On fête également le retour du printemps, et de la saison des travaux qui vont reprendre dans les champs.
C’est une des très rares périodes de l’année où on s’accorde le luxe de manger de la viande ; on confectionnait aussi des tartes, mais en moins grande quantité que les jours de vogue. Retour en haut de page
© Sougey 2011