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La Bresse

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Décembre

L’hiver


Une des principales réjouissances de l’hiver était bien entendu la venue des conscrits, au cours de leur traditionnelle tournée, qui les conduisait de maison en maison. Ils glanaient ici et là des œufs, des morceaux de lard, de l’argent qu’ils investiraient dans leur repas.
Mais autrefois, la tournée était menée pour venir en aide à ceux que le tirage au sort avaient désignés pour partir sept longues années loin de chez eux pour défendre la patrie. Cela leur faisait un petit pécule, parce que la solde militaire était bien maigre !
Cela donnait lieu à de grandes réjouissances, à des agapes bien arrosées. Chaque ferme mettait un point d’honneur à se montrer généreuse, et le maître du Sougey n’était jamais le dernier !

Noël


La veillée se passait à la maison, sous la vaste cheminée sarrasine. Cette soirée avait quelque chose de recueilli et de patriarcal... Au dehors, le plus souvent, il gelait à pierre fendre et la terre était recouverte d’une épaisse couche de neige.
Aussitôt après le souper, tout le monde se levait de table. Les hommes se chauffaient un moment en attendant de faire quelques parties de cartes. L’une des servantes faisait la vaisselle dans le chambrion et l’autre, la grande servante, se hâtait de faire ses gaufres de blé noir pour le lendemain. Aussitôt le trépied et les fers à gaufres enlevés, la maîtresse de maison disait : « Ce soir tout le monde se lave les pieds. » La servante s’en allait quérir une grande pleine marmite d’eau qu’elle pendait à la crémaillère et elle ravivait le feu.
Les valets apportaient les seilles qui servaient à abreuver les bêtes, et tout le monde procédait sur place à cette opération de propreté, accompagnée bien souvent de quelques amusantes taquineries...
Tout cela fait, le moment le plus solennel de la veillée, le plus palpitant d’intérêt pour tous, était venu. Il s’agissait d’apporter dans l’âtre, sur la braise rouge, la bûche de Noël, la grouba de chalende. C’était un beau tronc de chêne, parfois tout noueux, de cinq à six pieds de longueur, à l’écorce rugueuse et recouverte de mousse. Le grand-valet l’avait préparé d’avance et déposé sous l’avant-toit, près de la porte de maison. On la posait sur le landier qui était énorme, on mettait autour un peu de menu bois, des petites branches, et aussitôt une belle flamme montait ... L’Ancien n’oubliait pas de conter quelques légendes...
Vers les dix heures, le maître faisait porter une bonne brassée de foin dans le râtelier des bêtes pour qu’elles pussent, elles aussi, faire le réveillon et fêter la venue de l’Enfant Jésus...
Le moment était venu de partir... L’église de Montrevel était pleine de monde, venu de tous les hameaux de la paroisse. Aussitôt la messe finie, on s’en retournait au galop, tout aussi transi de froid... Tous avaient hâte de rentrer à la maison pour caresser le bon feu de la bûche et faire le réveillon : un beau millet doré et surtout la fricassée de minuit en constituaient les plats habituels... C’étaient des boudins de la tuerie du cayon. On les découpait par morceaux énormes qu’on mettait cuire dans la poêle avec des petites saucisses, de l’huile et du saindoux... Retour en haut de page
© Sougey 2011