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L’habitat

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Le « pan de bois »

Cette technique de construction des fermes bressanes est très ancienne, antérieure à celle du pisé. Elle consiste à confectionner une ossature faite de pans de bois verticaux (poteaux), horizontaux (sablières) et obliques (écharpes). Cet ensemble se devait d’être rigide comme l’ossature d’un bateau, car il n’était fixé à rien et reposait soit directement sur le sol (la première sablière était appelée « la sole ») soit par la suite, sur un soubassement un peu plus élevé, en pierre ou brique, propre à limiter l’humidité. Les bois utilisés étaient donc des bois durs (chêne), solidement assemblés par tenons et mortaises Grâce à leur caractère flottant ce type de construction pouvait être démonté et reconstruit ailleurs, ce qui fut fait de manière assez courante au XVIIème et au XVIIIème siècle. Les modalités d’agencement des pans de bois ont évolué au cours des siècles. D’une manière constante on retrouve les poteaux verticaux allant de la sole à la sablière haute ; les différences apparaissant dans la manière de placer les écharpes obliques ; dans les structures les plus anciennes une longue et unique écharpe parcourt de haut en bas la travée verticale.

Parfois l’écharpe est doublée et forme alors une croix de Saint-André. Par la suite ,l’évolution des techniques aidant, les écharpes seront de plus en plus courtes. Les croix de Saint-André qui apparaissent sur le corps de logis du Sougey ne sont pas les plus hautes que l’on puisse observer puisqu’elles arrivent à mi-hauteur de la façade. Mais elles sont loin d’être les plus petites et correspondent déjà à un modèle très ancien. Quant aux intervalles entre les pans de bois, panneaux de formes géométriques les plus diverses, ils furent successivement traités de deux manières à travers le temps. A l’origine, les intervalles sont comblés par un tressage (clayonnage) de tiges de bourdaine (variété d’aulne), celui-ci étant lui-même recouvert de torchis, mélange de terre argileuse, qu’on allait chercher au fond des mares, et de paille. A une époque plus récente (après la Révolution) les intervalles seront remplis de briques (carrons), plus faciles à mettre en oeuvre et plus à même d’absorber la condensation des étables.

Les murs des deux corps de bâtiment principaux du Sougey illustrent bien la mise en oeuvre et l’évolution des différentes techniques du « pan de bois ».

Le four à pain et les loges à cochon

Rien n’étant dû au hasard dans l’agencement des fermes bressanes, la promiscuité du four à pain et des loges à cochon avait ses raisons : d’une part le cochon animal venu du Moyen-Orient craint le froid ; d’autre part la soupe chaude dont étaient nourris les porcs cuisait tout la journée dans une grande marmite installée naturellement à côté des loges sur un foyer dont le conduit rejoint astucieusement celui du four à pain.

La Cheminée sarrasine

Comment est faite une cheminée sarrasine ?

Laissons la parole à Maria Favier, la dernière propriétaire du Domaine du Sougey, et figure presque incontournable dans la région : le passage est extrait de « Maria Favier, la Conteuse du Sougey , de Marthe Etcheverria et Jean-Claude Marquis, page 34 (Editions Mugnier Gilbert, Collection Les Cahiers d’Ainventaire, 1998).

« Je me suis laissé dire que l’on commençait par les fondations avec des chênes tout entiers. Puis, les ouvriers faisaient un énorme tas de terre. Ils installaient les montants sur les côtés pour mettre les grandes poutres qui tiennent le tout. On utilisait un chêne non équarri. Ils le faisaient rouler, à trente ou quarante, petit à petit, sur le tas de terre. »

« Une fois en haut, ils l’équarrissaient, et ils le laissaient reposer sur les portants. Ils faisaient de même de l’autre côté. Ils profitaient du tas de terre pour faire le cheminée puisque cela faisait échafaudage. Il y avait des pièces de bois, au milieu on bouchait avec le torchis du fait des baguettes de noisetier vertes qui se pliaient bien. Enfin, ils mettaient la chaux vive et la terre. La cheminée faite, ils enlevaient la terre et dégageaient leur ouvrage. Nous avions dans le propriété deux grandes mares : c’est là que les travailleurs ont creusé pour prendre la terre dont ils avaient besoin. »


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